Mort de l’ambassadeur d’Italie en RDC : Kinshasa accuse les FDLR

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Après l’assassinat de l’ambassadeur italien, son garde du corps et un chauffeur du Programme alimentaire mondial (PAM), les autorités congolaises sont montées au créneau pour donner leur version de l’attaque. Elles pointent du doigt les rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). Malgré l’appel lancé aux groupes armés de la République démocratique du Congo par le président Félix Tshisekedi en 2019 et les nombreuses tentatives d’instaurer la paix depuis 20 ans dans l’est du pays via l’intégration des miliciens dans l’armée régulière, les groupes armés continuent d’occuper le terrain. L’ambassadeur d’Italie à Kinshasa tué lundi est semble-t-il tombé dans une embuscade attribuée à des rebelles hutus rwandais, une attaque qualifiée de « terroriste » par le président congolais.

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La version des autorités congolaises

Depuis Goma, le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Carly Nzanzu, a affirmé que les rebelles ont stoppé le convoi par des tirs avant de faire descendre les passagers, dont l’ambassadeur. « Selon les témoignages que nous avons recueillis auprès des rescapés, les rebelles voulaient de l’argent auprès de l’ambassadeur. Ils ont pris tous les passagers pour les conduire dans la brousse. Et quelques minutes après, ils ont tué le chauffeur congolais puis le garde du corps de l’ambassadeur sur place », a-t-il déclaré. D’après lui, l’ambassadeur italien a été touché par les tirs des rebelles lors d’échanges de coups de feu avec l’équipe des gardes du parc des Virunga appuyés par les éléments de la force armée de la RDC (FARDC) alertée par l’attaque.

Luca Attanasio, 43 ans, est décédé des suites de ses blessures par balle après avoir été transporté en milieu de journée dans un hôpital des Nations unies à Goma. Au moment de l’attaque, il circulait à bord d’un convoi du PAM dans la province du Nord-Kivu, considérée comme l’une des zones les plus dangereuses du Congo, à la lisière du parc national des Virunga. Deux autres personnes sont mortes dans l’attaque : le chauffeur congolais du PAM et le garde du corps italien de l’ambassadeur, selon des sources congolaises et italiennes.

Quatre personnes ont été kidnappées lors de l’attaque contre le convoi de l’ambassadeur italien, dont l’une « a été retrouvée » par des soldats congolais, selon le ministère congolais de l’Intérieur. L’attaque, selon le PAM, a également fait plusieurs blessés.

Avant d’être prises pour cible, les victimes circulaient, sans escorte de la Monusco, a indiqué une source de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco). « Les services de sécurité et les autorités provinciales n’ont pu ni assurer des mesures de sécurisation particulière du convoi ni leur venir en aide faute d’informations sur leur présence dans cette partie du pays pourtant réputée instable », a déclaré le ministère congolais de l’Intérieur.

Sous le regard choqué de plusieurs dizaines d’habitants, des Casques bleus et des soldats de l’armée congolaise se sont déployés en nombre le long de la route entre Goma et Kibumba, là où a eu lieu l’attaque pour sécuriser les lieux et lancer la traque des assaillants.

Le véhicule blanc du PAM qui transportait l’ambassadeur était garé sur le bas-côté de la route, avec des vitres brisées par les tirs des agresseurs, non loin de collines verdoyantes.

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Les rebelles hutus rwandais pointés

Dans un message lu en soirée par son porte-parole à la télévision nationale, le président congolais Félix Tshisekedi a condamné « avec la plus grande fermeté cette attaque terroriste ». Le ministère congolais de l’Intérieur va plus loin et accuse les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda d’être à l’origine de l’attaque meurtrière du convoi.

Les FDLR sont l’un des nombreux redoutables groupes armés qui menacent au quotidien les civils dans l’est de la RDC. Les FDLR ont été créées au début des années 2000 par des rebelles hutus rwandais. Certains d’entre eux ont participé au génocide des Tutsis en avril-juillet 1994 au Rwanda voisin, avant de se réfugier dans l’est de la RDC, déstabilisant durablement la région. « Les FDLR sont un des plus importants groupes armés étrangers opérant sur le territoire de la République démocratique du Congo », selon les Nations unies. Leur force combattante était estimée début 2019 à 500 à 600 miliciens.

Au long de son histoire, le FDLR « a commis des actes de violence graves dirigés contre des femmes et des enfants dans des contextes de conflit armé en RDC y compris des meurtres et mutilations, violences sexuelles, enlèvements et déplacements forcés ».

Le président Tshisekedi a demandé une enquête pour que les auteurs de l’attaque soient « identifiés et traduits devant la justice ». Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a aussi demandé à la RDC « d’enquêter avec diligence » sur cette attaque. Le ministre italien des Affaires étrangères Luigi Di Maio, qui se trouvait à Bruxelles pour une réunion avec ses homologues européens, a annoncé son retour anticipé à Rome. Le président italien Sergio Mattarella a dénoncé une « attaque lâche ». « La France a condamné avec la plus grande fermeté » l’attaque et « se tient aux côtés de l’Italie dans cette épreuve », a indiqué le Quai d’Orsay. « Les responsables de cette attaque devront être identifiés et répondre de leurs actes. »

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Plusieurs groupes armés circulent dans région

Mais pour quelques experts, il est trop tôt pour formellement pointer des responsables, car le groupe de rebelles hutus n’est pas le seul à opérer dans cette zone, près du village de Kibumba en territoire de Nyiaragongo. À proximité de leurs fiefs se trouve également celui des milices hutu congolaises Nyatura. Des rebelles congolais du M-23 sont également localisés dans la zone, selon un expert du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST). Le village se trouve en bordure du parc national des Virunga, dont 200 rangers ont été tués depuis la création du parc en 1925. La dernière attaque en date remonte à début janvier, quand 6 rangers ont été tués dans ce parc, célèbre notamment pour ses gorilles.

Les groupes armés affirment défendre leur communauté, mais se disputent souvent les ressources d’une région riche en minerais et en bois. Luca Attanasio est le deuxième ambassadeur européen en fonction mort par balle en RDC, après le Français Philippe Bernard, tué le 28 janvier 1993 lors d’émeutes qui avaient conduit à des pillages à Kinshasa, sous le règne de l’ex-président Mobutu Sese Seko.



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